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Sandrine Kiberlain dans 9 Mois Ferme : Une Performance Culte

Sandrine Kiberlain dans 9 Mois Ferme : Une Performance Culte

Sandrine Kiberlain dans 9 Mois Ferme : Une Performance Culte

 À RETENIR : L’essentiel en 30 secondes

  • Une rupture de ton : Ce rôle marque un tournant décisif dans la carrière de Sandrine Kiberlain, passant du drame intimiste à la comédie physique débridée.
  • La consécration : Une performance saluée par le César de la meilleure actrice en 2014, validant son audace.
  • L’alchimie des contraires : Le film repose entièrement sur l’opposition entre la rigidité de la juge et l’élasticité corporelle d’Albert Dupontel.
  • Un succès critique et public : Avec plus de 2 millions d’entrées, le film produit par Wild Bunch est devenu un classique instantané de la comédie noire française.

C’est souvent dans les rencontres improbables que le cinéma français offre ses meilleures étincelles. Lorsque Albert Dupontel, chantre d’un humour nerveux et cartoonesque, décide de confier le rôle principal de son film 9 Mois ferme à Sandrine Kiberlain, le pari semble risqué. L’actrice, alors habituée aux rôles de femmes fragiles ou cérébrales dans le cinéma d’auteur, va opérer une métamorphose spectaculaire.

Ce film n’est pas seulement une comédie sur une grossesse imprévue ; c’est une étude de mœurs sous acide, une satire de la justice et, surtout, une leçon d’acting où la retenue devient l’arme comique la plus puissante. Plongée au cœur d’une performance qui a redéfini l’image de l’actrice.

1. Ariane Felder : Anatomie d’une juge psychorigide

Le personnage d’Ariane Felder n’est pas une simple fonction narrative. C’est un archétype poussé à son paroxysme. Dès les premières minutes de 9 Mois ferme, Sandrine Kiberlain impose une silhouette. Le dos est droit, le regard fuyant, la démarche mécanique. Elle incarne l’ordre, la loi, et le refoulement.

Contrairement aux comédies traditionnelles où l’acteur cherche à « faire rire », Kiberlain joue le drame absolu. Pour son personnage, la situation n’est pas drôle, elle est tragique. C’est ce décalage qui provoque l’hilarité. Ariane Felder est une femme qui a verrouillé sa vie à double tour : pas de mari, pas d’enfant, pas de plaisir. Elle est mariée au Code Pénal.

La découverte de sa grossesse est traitée comme un film d’horreur corporel. La scène où elle tente de comprendre comment elle a pu tomber enceinte — alors qu’elle est une célibataire endurcie — permet à l’actrice de déployer une palette de jeu subtile, faite de micro-expressions de panique contenue. Elle devient le « Clown Blanc » face à l’Auguste déjanté qu’est Dupontel.

Ci-dessus : La bande-annonce illustrant le contraste saisissant entre l’univers gris de la justice et la couleur apportée par le personnage de Bob Nolan.

2. Kiberlain et Dupontel : La collision de deux mondes

La force motrice du film réside dans l’interaction entre Sandrine Kiberlain et Albert Dupontel. Si Dupontel (qui réalise également) s’autorise toutes les acrobaties physiques dans le rôle de Bob Nolan, le « globophage » accusé d’avoir mangé les yeux d’un vieillard, il demande à sa partenaire une économie de gestes totale.

L’intellect contre l’instinct

Leur duo réactive les grands mécanismes du « Buddy Movie » à la française, rappelant parfois le tandem Depardieu/Richard, mais avec une touche de modernité féroce. Bob Nolan est purement instinctif, animal, presque un personnage de dessin animé (il tombe, se cogne, s’enfuit). Ariane Felder est cérébrale.

Une scène illustre parfaitement cette dynamique : l’interrogatoire. Kiberlain tente de maintenir le cadre protocolaire de la justice face à un Dupontel qui ne comprend même pas le sens des questions. L’actrice utilise sa voix, monocorde et précise, comme un rempart contre la folie qui envahit son bureau.

3. Une mise en scène au service de la performance

Il est impossible d’analyser la performance de Sandrine Kiberlain dans 9 Mois ferme sans évoquer la caméra d’Albert Dupontel. Le réalisateur utilise abondamment le grand angle et les focales courtes. Cette technique a pour effet de déformer légèrement les visages en gros plan, accentuant l’effet grotesque des situations.

Pour Kiberlain, cela signifiait devoir jouer avec une caméra collée à quelques centimètres de son visage. Cette proximité force l’intimité et permet au spectateur de lire la détresse dans ses yeux, même lorsqu’elle reste de marbre. Le film, produit par Manchester Films et distribué par Wild Bunch, bénéficie d’un rythme de montage effréné qui ne laisse aucun temps mort, obligeant les acteurs à une vivacité de réaction constante.

4. Un casting secondaire en or massif

Si Kiberlain brille, c’est aussi parce que l’écrin est parfait. Albert Dupontel a convoqué une troupe d’acteurs de seconds rôles qui sont, pour beaucoup, devenus cultes grâce à ce film.

  • Nicolas Marié (Maître Trolos) : Il livre une performance d’anthologie en avocat bègue. Ses scènes avec Kiberlain, où elle attend patiemment qu’il finisse ses phrases, sont des sommets de comédie de gêne. Il a d’ailleurs reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour cette prestation.
  • Philippe Uchan (Juge Godefroy) : Il incarne le collègue misogyne et insupportable, poussant le personnage de Kiberlain dans ses retranchements.
  • Bouli Lanners : En policier visionnant les bandes de vidéosurveillance, il apporte une touche de poésie absurde belge au métrage.

N’oublions pas les caméos de luxe qui parsèment le film et ancrent l’univers dans une réalité déformée : Jean Dujardin en traducteur pour sourds et malentendants (une séquence hilarante où il s’invente un langage des signes) ou encore le réalisateur Terry Gilliam, idole de Dupontel, qui apparaît brièvement sous les traits de « Charles Meatson », le célèbre cannibale américain.

Ci-dessus : Analyse de la scène du réveillon, moment clé où la juge Felder perd le contrôle sous l’emprise de l’alcool, déclencheur de l’intrigue.

5. L’héritage du film : Un tournant de carrière

Avant 9 Mois ferme, Sandrine Kiberlain était déjà une actrice reconnue, respectée pour sa finesse dans des drames comme Mademoiselle Chambon. Mais ce film a révélé au grand public son potentiel comique dévastateur. Elle prouve ici qu’elle possède le « vis comica », cette capacité rare à être drôle sans avoir l’air d’essayer.

La reconnaissance de la profession ne s’est pas fait attendre. En 2014, lors de la 39e cérémonie des Césars, elle remporte la statuette de la Meilleure Actrice, coiffant au poteau des concurrentes sérieuses comme Catherine Deneuve ou Léa Seydoux. Ce prix est d’autant plus significatif que les comédies sont rarement primées dans cette catégorie majeure.

Ce rôle a ouvert la voie à d’autres personnages de comédie dans sa filmographie récente, comme dans Le Parfum Vert ou Les 2 Alfred, confirmant qu’elle est devenue l’une des actrices les plus versatiles du cinéma français actuel.

6. Secrets de tournage et anecdotes

La fabrication de 9 Mois ferme n’a pas été un long fleuve tranquille. Le budget était relativement modeste pour les ambitions visuelles de Dupontel (environ 7 millions d’euros). L’équipe a dû faire preuve d’ingéniosité.

Une anecdote célèbre concerne la scène finale dans la cour du tribunal. Pour des raisons de budget et de logistique, elle a été tournée sur fond vert avec une économie de moyens surprenante, le décor étant recréé numériquement. Cela témoigne de la confiance absolue que Sandrine Kiberlain devait avoir envers son réalisateur, jouant des scènes émotionnelles face au vide, en imaginant l’environnement judiciaire autour d’elle.


Foire Aux Questions (FAQ)

Quelle récompense Sandrine Kiberlain a-t-elle reçue pour 9 Mois ferme ?

L’actrice a été sacrée Meilleure Actrice lors de la cérémonie des Césars 2014. C’est l’une des rares fois où une performance purement comique remporte cette distinction suprême face à des rôles dramatiques.

Qui sont les acteurs célèbres en caméo dans le film ?

Le film contient plusieurs apparitions savoureuses, notamment Jean Dujardin en interprète en langue des signes, Terry Gilliam en « cannibale » à la télévision, ou encore Jan Kounen et Gaspar Noé, amis réalisateurs d’Albert Dupontel.

Quel est le rôle de Nicolas Marié dans 9 Mois ferme ?

Fidèle collaborateur de Dupontel, Nicolas Marié interprète Maître Trolos, l’avocat commis d’office de Bob Nolan. Son bégaiement incontrôlable et son incompétence notoire en font l’un des ressorts comiques les plus efficaces du film, lui valant le César du Meilleur second rôle.

Où a été tourné le film 9 Mois ferme ?

Le film a été tourné principalement à Paris, notamment au Palais de Justice pour les extérieurs. Cependant, de nombreuses scènes d’intérieur, y compris les bureaux des juges, ont été reconstituées en studio ou dans des décors naturels adaptés pour permettre les mouvements de caméra complexes (grues, travellings) chers à Albert Dupontel.

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